Libellules: le portail du logiciel libre à l’Université Laval?

Proposition de portail pour les logiciels libres

libellule_p4Pour mon dernier article sur notre blog, j’aimerais faire une suggestion. Pourquoi l’Université Laval ne se doterait pas de son propre portail pour promouvoir et encourager l’utilisation des logiciels libres au sein de sa communauté. Ce portail pourrait servir à l’enseignement supérieur et à la recherche. Il servirait de site de référence pour les étudiants, les professeurs et les chercheurs. Il permettrait de faire la mutualisation des connaissances de l’Université Laval dans ces différents domaines d’enseignements et de recherches. La plateforme représenterait un formidable levier en matière d’innovation. Grâce à l’utilisation des logiciels libres, les enseignants et les chercheurs auraient la chance de découvrir plus facilement l’outil qui convient le mieux à leurs domaines d’expertise et aussi de participer à son évolution.

Pourquoi Libellules?

Pourquoi Libellules? Je me suis tout simplement amusé à essayer de créer un mot significatif dans lequel pouvaient apparaître les mots logiciels libres et Université Laval. Voici deux acronymes possibles :

  • Libellules: Libéralisation de l’Informatique pour les Besoins des Etudiants en Logiciels Libres à l’Université Laval dans l’Enseignement Supérieur.
  • Libellules: Ligue Institutionnelle pour Baliser et Encourager les Logiciels Libres à l’Université Laval dans l’Enseignement Supérieur.

Portail Web

Pour ce faire, l’Université Laval pourrait utiliser  un portail Web pour offrir de l’information sur les logiciels libres utilisés dans sa communauté (exemple: le portail PLUME). Ce portail offrirait de la documentation, des fiches descriptives et techniques, un forum et un fil RSS.Il y aurait bien sûr une compilation de logiciels libres téléchargeables. Il pourraient aussi servir à transmettre l’information concernant les différents événements entourant le logiciel libre. Il pourrait aussi servir de projet dans le cadre du cours de SIO « Logiciels libres et sociétés ». Les étudiants qui suivent ce cours pourraient par exemple y afficher leurs travaux comme leurs expériences personnelles avec le logiciels libre, y remplirent des fiches de logiciels qu’ils utilisent, etc. Ce n’est qu’une suggestion, mais ce portail Web pourrait servir à dynamiser l’utilisation du logiciel libre dans les études supérieures dans l’ensemble des universités québécoises. Est-ce une utopie de ma part? Croyez-vous à un tel projet? Participeriez-vous à ce portail Web? Pour ma part, je serais prêt à participer à un tel projet et à y investir un peu de mon temps.

Gino Lizotte

Claroline: lorsqu’une université québécoise participe à un projet libre.

Qu’est-ce que Claroline?
clarolineClaroline est une plate-forme Open Source, distribuée sous licence GPL, qui permet à des centaines d’institutions issues de 93 pays de créer gratuitement des espaces cours en ligne. Adaptable à différents contextes de formation, Claroline est utilisée non seulement dans les écoles et les universités, mais également dans les centres de formation, les associations et les entreprises. Elle est personnalisable et offre un environnement de travail flexible et sur mesure. Claroline peut facilement accueillir un très grand nombre d’utilisateurs. Elle est compatible avec les environnements Linux, Mac OS et Windows. Claroline est réalisée grâce à des technologies libres telles que PHP et MySQL et utilise des standards tels que SCORM et IMS/QTI pour les échanges de contenu. Claroline été developpée sur base de l’expertise pédagogique des professeurs et en fonction de leurs besoins. Elle offre une gestion sobre et intuitive des outils et des espaces d’administration. La gestion quotidienne de la plate-forme ne requiert aucune compétence technique particulière. La plate-forme s’installe aisément et l’usage d’un navigateur Internet permet de gérer les différents espaces ainsi que les utilisateurs enregistrés.

Voici un lien qui permet de faire l’essai en ligne d’une version de démonstration:

www.claroline.net/demo/demo.html

UQAR et Claroline
L’Université du Québec à Rimouski (UQAR) utilise la plate-forme de gestion de cours CLAROLINE pour le soutien à l’enseignement et la formation à distance depuis septembre 2004. Non seulement l’UQAR utilise activement Claroline, mais elle fait partie des cinq institutions fondatrices du Consortium Claroline avec l’Université Catholique de Louvain (Belgique), la Haute École Léonard de Vinci (Belgique), l’Universidade de Vigo (Espagne) et l’Universidad Católica del Norte (Chili). Le Consortium a pour objectif d’organiser la promotion et le développement de la plate-forme Claroline, notamment sur les plans technique et pédagogique.

Mutualiser ses compétences
Durant les deux prochaines années, sous la supervision de M. Claude Galaise, l’équipe de technopédagogie de l’UQAR (Michel Gendron, conseiller aux moyens et techniques d’enseignement, et Yves Savard, programmeur-analyste) sera impliquée activement dans le développement de la version 2 de Claroline au point de vue technique et technopédagogique. Cette version sera complètement intégrée au Web 2.0. L’objectif étant de maintenir CLAROLINE parmi les meilleures plate-formes libres au monde.

Références:  www.uqar.uquebec.ca/uqar-info/0309/Claroline.asp

Gino Lizotte

Annonce du XO 1.5

Voici un article faisant référence à l’annonce ce week-end dernier de l’arrivée du nouveau XO (pour plus de renseignements consulter l’article du dessous "One Laptop Per Child") qui se veut une transition entre l’actuel XO-1 et le futur XO-2. Les changements annoncés concernent les caractéristiques techniques, voici un aperçu de ces changements:

"La fondation One Laptop Per Child (OLPC) a annoncé une mise à jour de l’ordinateur XO qui passe en version 1.5. L’un des objectifs majeurs est de réduire l’impact environnemental des machines sans pour autant altérer son prix de commercialisation.

La machine continuera d’utiliser une processeur basé sur l’architecture X86, et ce, « afin d’être au maximum compatible avec les logiciels existants ». Le mois dernier, certaines rumeurs laissaient penser que la fondation pourrait envisager de placer un processeur ARM au sein de la prochaine génération de ses portables connue sous le nom de XO-2, pour réduire la consommation d’énergie actuelle (5 Watts).

Le processeur Ultra Low Voltage embarqué sera un VIA C7-M cadencé entre 400 MHz et 1 GHz. La consommation moyenne affichée est alors aux alentours de 1,5 à 5 Watts. Parmi les changements de ce nouveau chipset, notons de nouveaux codecs audio HD Audio remplaçant les AC’97. Alors que le XO-1 embarque 256 Mo de mémoire vive, cette mise à jour quadruplera la RAM à 1 Go. Par ailleurs, la mémoire flash intégrée passera de 1Go à 4 Go avec la possibilité de commander des modèles disposant de 8 Go de stockage directement auprès du fabricant.

Ces machines seront livrées avec la version 8.2.x du logiciel OLPC qui a été légèrement modifiée afin de prendre en charge les nouveaux composants de la machine. Plusieurs centaines de ses XO-1.5 seront distribués à partir de la fin août pour une phase d’évaluation."
http://www.clubic.com/actualite-271448-fondation-olpc-xo.html

Pour les personnes intéressées par le sujet, je vous invite à aller faire un tour sur http://www.olpcnews.com/ qui détail beaucoup plus les changements apportés et les conséquences sur le projet. Selon ce même site web, ces changements pourraient aussi être l’occasion de l’arrivée de Windows 7 sur le XO-1.5 (toujours en proposant la version sous Sugar bien évidemment).

Le ministère de l’Éducation du Québec favorise Microsoft

MilleSans lancer le moindre appel d’offres, le ministère de l’Éducation a accordé un contrat de 1,32 million à Microsof pour acquérir 1800 licences de la suite de bureautique Microsoft Office Professionnel 2007. En plus de ces 1800 licences, toutes les commissions scolaires de la province devront également mettre «dès ce printemps» à disposition de leurs employés des ordinateurs équipés du logiciel Office 2007 Professionnel.

« Il n’y a pas eu d’appel d’offres, car il y a seulement Microsoft qui donne le logiciel Office 2007 », justifie-t-on au ministère de l’Éducation.

Cette explication fait bien rire Cyrille Béraud, président de Savoir-faire Linux, une firme montréalaise experte dans l’implantation de logiciels libres en entreprise. « C’est comme si le gouvernement changeait son parc automobile pour des BMW en disant qu’il n’y a que BMW qui fabrique des BMW », affirme-t-il. Le ministère de l’Éducation paiera 733$ par licence pour l’utilisation de Microsoft Office 2007. Installer un équivalent libre et gratuit comme Open Office lui coûterait une fraction de ce prix, estime Savoir-faire Linux. « Le simple fait de nous mettre en concurrence dans un appel d’offres contre Microsoft aurait probablement forcé Microsoft à baisser son prix, estime M. Béraud. C’est un bel exemple de la mainmise qu’a cette multinationale sur le gouvernement. Et ce n’est là que la pointe de l’iceberg. »

Encore une fois le gouvernement du Québec vient miner les efforts de certains projets (MILLE, LinuxÉdu-Québec, FACIL et AQUOPS) d’implantation de logiciels libres dans les écoles québécoises afin de diminuer les coûts d’acquisition et ainsi retourner cet argent aux bénéfices des élèves. En temps de récession, le gouvernement aurait pu s’abstenir de faire une telle dépense surtout que cet argent se retrouve dans les poches d’une compagnie étrangère. Même si on parle de Microsoft Canada, la majeure partie du développement de ses logiciels est faite aux États-Unis et ne profite donc pas au Québec.

Références:

Péloquin, Tristan. « Le ministère de l’Éducation remplace ses logiciels sans appel d’offres ». Cyberpresse. Avril 2009.

Gino Lizotte

Gérez vos références bibliographiques avec des logiciels libres

Les logiciels de gestion de références bibliographiques sont des logiciels destinés à créer, gérer, trier et utiliser des listes de références bibliographiques provenant d’articles, d’ouvrages et même de sites Web. Ils sont principalement utilisés par les enseignants, les étudiants et les chercheurs. Ces logiciels utilisent normalement un système de base de données pour contenir toute l’information recueillie par l’utilisateur. Celui-ci peut ensuite faire des recherches par auteurs, dates ou mots-clés afin d’intégrer les références sélectionnées dans un document texte (Microsoft Word ou OpenOffice).

Présentation de quelques logiciels
Il existe de nombreux logiciels de gestions de références bibliographiques que ce soit dans le monde des logiciels propriétaires que dans celui des logiciels libres. Le logiciel Endnote est le plus connu et le plus utilisé. Il s’agit par contre d’un logiciel propriétaire. Heureusement, il y a plusieurs bons logiciels libres qui sont disponibles et qui sont aussi bons que celui-ci. Cet article va faire une courte présentation de quelques-uns des plus connus d’entre eux. Il s’agit de BibTex, Bibus, JabRef, Wikindx et Zotero. Voici quelques chiffres sur ces logiciels présentés dans les deux tableaux suivants.

Popularité selon Google
Nombre de résultats avec : Nom du logiciel + bibliographie

Tableau 1

Comme nous pouvons le constater, Endnote est le logiciel le plus populaire, mais BibTex n’est pas très loin derrière. La popularité de BibTex est en grande partie due à son âge, en effet celui-ci existe depuis 1985 et son format de fichier est maintenant un standard reconnu. Les quatre autres logiciels sont encore très jeunes (entre 2003 et 2006) ce qui pourrait expliquer leurs moins grandes popularités.

Engouement selon Google Trends

Tableau 2

Comme nous le démontre ce graphique, les logiciels Endnote et BibTex ont vu leur engouement diminuer au cours des dernières années au profit des nouveaux logiciels. Ceci semble plus particulièrement vrai pour Zotero qui connaît une progression constante depuis sa création en 2006. D’ailleurs, il semble bien que Zotero est ébranlé les colonnes du temple de Endnote, car l’éditeur de ce dernier a récemment lancé des poursuites judiciaires contre les auteurs de Zotero. Voir l’article du site Web de Nature à ce sujet: « Beta blockers? ».

BibTexBibTeX est un logiciel et un format de fichier conçus par Oren Patashnik et Leslie Lamport en 1985 pour LaTeX. Il s’agit donc d’un outil qui peut-être utilisé en conjonction avec les documents LaTex. Son format de fichier est un standard ouvert, donc libre et extensible, qui est d’ailleurs reconnu et utilisé par plusieurs des autres logiciels mentionnés dans cet article. Ce qui permet une interopérabilité et une pérennité de ce format. Il y a un ensemble d’outils qui ont été développés autour de Bibtex. Ce qui lui permet d’être utilisé aussi sur les plateformes Mac OS X (BibDesk), Linux (KBibTex) et Windows (Bibshare).

BibusBibus est un projet initié et développé en 2004 par Pierre Martineau. Ce logiciel permet de partager des références entre plusieurs utilisateurs et chaque utilisateur peut organiser sa propre classification de ces références. Il permet aussi de faire une organisation hiérarchique des références selon les critères de l’usager. Par contre, la gestion des références est tributaire de l’architecture du logiciel. Il est aussi possible de définir des utilisateurs en écriture ou en lecture seulement. Il est disponible en anglais et en français pour les systèmes d’exploitation Mac OS X, Linux et Windows.

JabRefJabRef est un logiciel de gestion bibliographique libre créé en 2003. Il utilise BibTeX comme format natif. JabRef fournit une interface conviviale pour éditer des fichiers BibTeX, pour importer des données à partir de bases de données scientifiques en ligne et pour gérer et effectuer des recherches sur des fichiers BibTeX. Ce logiciel a été développé en Java, ce qui lui permet d’être disponible sous Mac OS X, Linux et Windows. Il est aussi disponible en plusieurs langues, dont le français.

WikindxWikindx a été initié en 2003 et se présente comme une plate-forme bibliographique « full web », permettant à plusieurs contributeurs de gérer un nombre illimité de notices dans une logique « wiki ». C’est-à- dire que les utilisateurs peuvent ou non s’enregistrer librement sur la plate-forme pour contribuer selon le paramétrage choisi via un intranet ou Internet. Ce logiciel est disponible en anglais et en français ainsi que pour Mac OX X, Linux et Windows.

ZoteroZotero a été initié en 2006 par le « Center for History and New Media » de la « George Mason University » aux États-Unis. Zotero est une extension (plug-in) destinée au navigateur Mozilla Firefox. Ce qui lui permet de pouvoir être utilisé sur les différentes plateformes Mac OS X, Linux et Windows. Intégrée au navigateur, cette extension repose sur un système de « translators » qui permettent d’extraire les données des pages consultées. Ces « translators » sont surtout disponibles pour des catalogues de bibliothèque, mais on en trouve aussi pour des sites Web comme Wikipedia, Amazon, Nature (www.zotero.org/translators). Pour les ressources en ligne, il est aussi possible de sauvegarder une copie locale du fichier, pour ensuite pouvoir l’annoter. Les références bibliographiques sont présentées dans une arborescence qui permet le classement dans des « collections ».

Projets PLUME et ENVOL
Le projet PLUME fournit d’ailleurs des fiches de références sur chacun de ces logiciels (Zoom sur la gestion de références bibliographiques dans PLUME). Le projet PLUME a également présenté une journée dédiée aux logiciels libres de Gestion de références bibliographiques le 20 mars 2009 à Lyon (Journée PLUME). Vous retrouverez sur cette page, plusieurs présentations, sous forme de vidéo, sur chacun des cinq logiciels mentionnés dans cet article. Il y a aussi le projet ECLORE (Évaluation et comparaison de logiciels de gestion de références bibliographiques) qui s’est donné comme mandat d’évaluer et de comparer une vingtaine de logiciels de gestion de références bibliographiques.

*  Pour plus d’information au sujet de projet PLUME, je vous invite à lire mon précédent article traitant de ce projet et disponible sur ce blogue.

Logiciels proposés par l’Université Laval
Malheureusement, Endnote est le seul logiciel proposé par la bibliothèque de l’Université Laval pour faire la gestion de références bibliographiques (Endnote à la bibliothèque). Ceci s’explique probablement par le fait que la bibliothèque de l’Université Laval est négocié une entente institutionnelle avec la compagnie Thomson Research Soft, éditrice du logiciel Endnote, et doit donc revendre le logiciel au coût de 60$ l’unité afin de partager les frais annuels de cette entente (Entente pour Endnote). Ce serait peut-être une des raisons qui explique pourquoi la bibliothèque ne propose pas d’autres logiciels et encore moins des logiciels libres. Il aurait peut-être été plus simple d’offrir une liste de logiciels, libres et payants, et laissé les usagers choisir l’outil qu’ils aimeraient utiliser.

Gino Lizotte

Le projet "One Laptop Per Child"

Vous avez sans doute déjà entendu parler du fameux projet de l’ordinateur à 100$ destiné aux enfants des pays défavorisés. Je vais dans cet article aborder ce projet. Pour cela je vais commencer par le présenter dans son ensemble, ensuite je vais aborder l’implication du monde du libre vis-à-vis de celui-ci, et enfin  je vais parler des problèmes rencontrés par le projet et de l’arrivée de Microsoft.

OLPC

Le XO-1

Présentation du projet

Tout commença quand Kofi Annan, alors actuel Secrétaire Général des Nations Unies, émit le besoin d’un projet amenant un changement dans les méthodes d’apprentissage des enfants partout dans le monde. En Janvier 2005, le laboratoire MediaLab du Massachusetts Institute of Technology (MIT) se pencha alors sur la question et mit en route le projet de développer un ordinateur à 100$. Nicholas Negroponte, qui était à la tête du projet au sein du MIT, créea alors une association à but non lucratif indépendante du MIT nommée OLCP pour « One Laptop Per Child ». Cette association prit alors en charge ce projet à l’objectif simple : beaucoup d’enfants dans le monde n’ont pas ou très peu accès à l’école, qui parfois se résume à seulement un professeur. Leurs moyens d’accès à l’apprentissage sont donc très limités, et l’un des moyens de remédier à ce problème est de leur apporter un outil amenant à l’apprentissage par soi même. Il s’agit de la philosophie du constructionnisme, noyau même du projet, qui constitue à « apprendre en faisant ». Un ordinateur portable spécialement conçu pour répondre à ce besoin était donc la meilleure option envisageable car il peut se révéler un formidable outil d’apprentissage, de découvertes, d’expérimentation et de partage pour l’enfant.

Après plus de deux années de travail sur l’élaboration de cet ordinateur portable, l’association fut alors prête à commercialiser en Novembre 2007 le XO-1, qui est le premier ordinateur développé dans le but de ce projet éducationnel. Il a été développé de façon à répondre au mieux aux besoins de ses futurs utilisateurs, voici une description de ses principales caractéristiques :

  • Du point de vue technique, il est très basique. Il est équipé d’un processeur AMD cadencé à 433Mhz, 256Mo de mémoire vive et 1Go de mémoire flash qui fait office de disque dur.
  • Il est petit (un écran de 7,5 pouces) et léger (avec un poids légèrement inférieur à 1,5 kilogrammes).
  • Il est conçu pour résister à des conditions extrêmes avec une coque très résistante, il est également imperméable et ne prend pas la poussière.
  • Il consomme peu d’électricité (3 à 6 watts en fonctionnement normal  comparé à plus de 100 watts pour un ordinateur classique) et a une batterie de très longue durée (avec 50% de durée de vie initiale après 2000 cycles). Il peut également être rechargé par panneau solaire ou à l’aide d’une manivelle.
  • Il est équipé d’un très bon récepteur wifi (les deux antennes) accompagné d’un nouveau protocole de réception internet, le 802.11s. Il permet de se connecter directement et instantanément à d’autres ordinateurs XO sans passer par un intermédiaire comme un routeur.
  • Il est équipé d’une caméra, d’un micro et d’un écran réversible.

Malheureusement, le rêve d’un prix à 100$ ne s’est pas réalisé et le XO-1 a été commercialisé au prix de 200$ à son lancement. L’association a dû également revoir sa stratégie de vente qui reposait sur l’idée que les gouvernements intéressés devaient faire la démarche de contacter l’association pour passer commande. En effet, ce système n’a pas eu l’effet escompté car les gouvernements n’ont pas été très actifs, l’association a alors fait appel aux particuliers afin d’augmenter les ventes avec la mise en place d’un programme «Offrez-en un, recevez-en un!» par le biais du site amazon (http://www.amazon.com/olpc). Ce programme consistait à offrir à un enfant du tiers monde un XO-1 mais également d’en recevoir un, le tout pour le prix de 400$.

olpc-dans-une-classe-au-tibet

Une classe au Tibet en train d'étudier


Le monde du libre et la distribution Sugar

Quand on sait que l’objectif est de proposer un ordinateur au plus petit coût possible avec le but d’en faire un élément d’apprentissage, on comprend vite que le monde du logiciel libre est à point nommé pour accomplir cette mission. Cela a bien été compris dès l’élaboration du projet puisque le logiciel libre constitue l’un de ses 5 piliers, et absolument tous les composants du XO-1 sont sous licence libre, incluant même le BIOS. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Richard Stallman a lui même décidé de se mettre à utiliser le XO-1 :

« J’ai pris cette décision pour une raison précise : la liberté. Les IBM T23 que j’utilisais depuis de nombreuses années sont convenables dans la pratique, et les systèmes et applications qui y étaient installés sont des logiciels entièrement libres, mais pas le BIOS. Je veux utiliser un portable avec un BIOS libre, et le XO est le seul dans ce cas. ». [1]

Il faut également noter que la combinaison de la philosphie du libre et du constructionnisme engendre des effets positifs idéaux, comme l’explique Benjamin Mako Hill qui est très proche au projet :

« Le constructionnisme et le logiciel libre, implémentés et enseignés en classe, offrent un très fort potentiel d’exploration, de création et d’apprentissage. Si quelque chose te dérange, change-le. Si quelque chose ne fonctionne pas bien, répare-le. Le logiciel libre et le constructionnisme placent les élèves en situation d’appropriation de leur environnement d’apprentissage, de la manière la plus importante et la plus explicite possible. Ils créent une culture de l’autonomisation. La création, la collaboration et l’engagement critique deviennent la norme. » [2]

Il est évident que le système d’exploitation est un élément très important dans un ordinateur, et il en est de même pour le XO. En effet, celui-ci  a dû relever le défi d’être léger mais aussi résolument tourné vers la simplicité et l’apprentissage étant donné qu’il se destine à des personnes qui n’ont jamais eu d’ordinateur entre leurs mains. Afin de répondre à ces exigences, dès le départ une équipe de RedHat a développé pour le projet une distribution Linux spéciale appelée Sugar Os, qui est basée sur Fedora 7 et a un environnement graphique dérivé de Gnome. Avec Sugar Os, l’interface avec l’utilisateur est complètement nouvelle et différente de ce que l’on peut connaître :

« Comme vous les utilisateurs du XO l’ont sûrement constaté, l’interface graphique de Sugar diffère nettement des systèmes d’opérations conventionnels (Windows, Mac OS X, Ubuntu, etc.). En effet, la métaphore de bureau y est complètement écartée pour faire place à quatre vues toutes plus sublimes les unes que les autres. Les concepteurs n’ont certes pas omis que, comme le souligne si souvent Nicholas Negroponte, il s’agit là d’un projet pédagogique et non technologique. L’apprenant est donc plongé dans un environnement d’apprentissage polymorphe qui suscite inévitablement une prise en compte du caractère pluriel d’un environnement d’apprentissage. » [3]

sugar_home1
La fenêtre d’accueil de Sugar

Enfin, toujours dans l’optique de l’apprentissage, il faut noter que grâce à Sugar le développement de logiciels par l’enfant est une des nombreuses activités qu’il est invité à explorer. En effet, dans chaque activité se trouve une option « View Source » qui permet en un seul clic d’avoir accès au code source qui est écrit le plus souvent en Python. Ce type de programmation a été choisi car la source est particulièrement facile à lire, et il peut l’utiliser ou le modifier directement pour voir apparaître les changements conséquents.

Difficultés au sein du projet et arrivée de Microsoft

Malgré la bonne avancée du projet et le pari du développement du XO-1 accompli, de nombreux points font que depuis un peu plus d’un an le projet vit des moments difficiles.

L’une des plus importantes difficultés se situe du point de vue économique. En effet, les ventes réalisées ont été inférieures à 1 million d’unités alors que les prévisions pour l’année 2008 tournaient entre 5 et 10 millions d’unités. Cela peut s’expliquer par le fait que des pays comme l’Argentine, le Brésil, la Libye, le Nigeria et la Thaïlande avaient passé des commandes d’un million d’unités chacun qu’ils ont finalement annulées. En effet, certains ont choisi d’autres solutions à plus petites échelles, les autres ont changé de position lors d’un changement de gouvernement. Il y a également le fait que beaucoup d’autres pays intéressés par le projet sont restés hésitants pour plusieurs raisons, en voici quelques-unes :

  • Il y a eu un manque de support et de procédures bien définies quant à la manière de déployer le XO au sein des pays.
  • L’association n’a pas assez mis en avant et expliqué le bénéfice du constructionnisme amené par le XO comparé aux méthodes d’apprentissage classiques.
  • Il n’y a pas assez eu de projets pilote, qui permettent de rassurer les pays quant aux réels bénéfices de cette implantation et à la possibilité de l’exporter à plus grande échelle.
  • Plusieurs ordinateurs portables concurrents au XO sont apparus, comme le classmate PC de Intel qui s’est mieux vendu.
  • Plusieurs pays comme la Colombie et le Pérou voulaient acheter des XO mais leurs représentants avaient peur que la non présence de Windows comme système d’exploitation soit un handicap pour leurs étudiants vis-à-vis du monde de l’emploi.

Ces difficultés, combinées à d’autres facteurs, ont commencé à mettre le doute au sein du projet, notamment sur des sujets qu’on ne pensait pas pouvoir être remis en cause comme le dévouement entier au monde du libre. Des restructurations importantes ont alors été mises en place et Nicholas Negroponte a commencé à changer sa vision du projet. Pour lui le principal but était désormais d’offrir le XO au plus grand nombre d’enfants possible dans le monde, la question du libre devenant secondaire. Il s’est même mis à critiquer l’implication du monde du libre dans le projet, en disant qu’il avait handicapé le XO car le projet s’était trop focalisé dessus et que Sugar “était devenu amorphe” et “n’avait pas d’architecte logiciel qui soit ferme” [4]. C’est dans ce contexte qu’il annonça l’arrivée de Windows sur le XO, il était alors libre à l’utilisateur de choisir entre un XO sous Windows ou Sugar. Cela faisait plus d’un an que Microsoft travaillait sur une version allégée de son Windows XP pour l’exporter sur le XO. En effet, l’arrivée du XO avait terrifié la firme de Steve Ballmer, car il allait promouvoir le libre à un marché complétement nouveau, constitué de 5 milliards de personnes. Il fallait donc pour Microsoft réagir le plus rapidement possible, autrement, l’entreprise allait devoir affronter une menace difficile à concurrencer… Et en proposant cette version allégée, Microsoft exploita donc une opportunité; Nicholas Negroponte voulait acquérir "plus de crédibilité" vis-à-vis des pays, pour lui Microsoft était l’idéal.

Ce changement de vision a beaucoup de répercussions. En effet, beaucoup de monde a vu l’arrivée de Microsoft comme une trahison, notamment pour le monde du libre qui avait fortement investi dans le XO. Plusieurs personnes clés au projet ont démissionné comme Walter Bender, le responsable de la division logiciel du projet qui était depuis le début le bras droit de Nicholas Negroponte. Il s’est alors mis à fonder la fondation SugarLabs qui aujourd’hui s’occupe du développement de Sugar OS, et va permettre de le rendre accessible sur d’autres machines que le XO.

Enfin, il est à noter que le projet est également touché par la crise économique actuelle et l’association vient de réduire ses effectifs de moitié. Cependant, cela ne l’empêche pas d’aller de l’avant et le prochain XO est toujours attendu pour 2010. D’après les premières annonces, il sera composé de deux panneaux tactiles (plus de clavier physique), à l’image d’un livre. Son poids devrait également être divisé par deux, et le prix annoncé serait de 75$, ce qui peut laisser sceptique.

Voilà, si vous êtes intéressés par ce projet et que vous voulez en apprendre plus je vous conseille d’aller faire un tour sur:

Citations:
[1] http://www.framablog.org/index.php/post/2008/05/06/stallman-olpc-xo-windows
[2] http://www.framablog.org/index.php/post/2008/05/09/olpc-mako-hill-liberation-des-ordinateurs-portables
[3] http://collabo.fse.ulaval.ca/olpc/
[4] http://www.framablog.org/index.php/post/2008/05/13/olpc-la-depeche-source-de-la-polemique

Références:
http://www.framablog.org/index.php/post/2008/05/11/olpc-la-liberte-pour-tous
http://fr.wikipedia.org/wiki/One_Laptop_per_Child
http://olpc-france.org
http://wiki.laptop.org/go/The_OLPC_Wiki
http://www.internetactu.net/2008/05/21/olpc-la-fin-de-linnovation-educative/
http://www.journaldunet.com/solutions/systemes-reseaux/actualite/l-olpc-presente-la-version-2-de-l-ordinateur-a-100-dollars.shtml
http://www.pcworld.com/businesscenter/article/153650/colombia_signs_up_for_olpc_laptops_with_windows.html
http://news.zdnet.co.uk/software/0,1000000121,39418756,00.htm
http://www.olpcnews.com/
http://www.ledevoir.com/2007/11/19/164912.html
http://forums.fedora-fr.org/viewtopic.php?id=20018
http://www.presence-pc.com/actualite/OLPC-Licenciement-33091/

Images:
Le XO-1  http://olpc.com/pictures.html
La fenêtre d’accueil de Sugar  http://www.sugarlabs.org/index.php?template=gallery&page=gallery
Une classe au Tibet  http://www.internetactu.net/2008/05/21/olpc-la-fin-de-linnovation-educative/

Portail PLUME

PLUMEPLUME est l’acronyme de « Promouvoir les Logiciels Utiles Maîtrisés et Economiques » dans le milieu de l’enseignement supérieur et de la recherche. Le projet PLUME a été initié par l’UREC, entité du CNRS, en 2006 et est dirigé par M. Jean-Luc Archimbaud. Le projet vise d’un côté à mettre en production un serveur de fiches descriptives de logiciels pour la plupart libres avec une approche métier et de l’autre à monter un comité de concertation inter-organismes sur l’utilisation des logiciels libres dans la communauté de l’Enseignement Supérieur et Recherche. Pour ce faire, l’UREC a créé une plate-forme informatique qui sélectionne, rassemble et analyse l’offre disponible en matière de logiciels libres et mutualise ainsi les compétences éparpillées au sein des universités et des laboratoires.

Spécificités et innovation du projet PLUME

PLUME est basé sur les trois spécificités suivantes :

·        Répondre aux besoins de l’enseignement supérieur et de la recherche. Un utilisateur pourra ainsi retrouver très rapidement les logiciels qui peuvent intéresser son activité professionnelle. C’est une approche métier.

·         Référencer seulement ce qui est utilisé dans la communauté. Le but n’est pas de faire un catalogue exhaustif des logiciels libres qui existent, mais d’indiquer des logiciels de qualité et UME pour le travail des enseignants et des chercheurs.

·         Faire connaître les développements internes. En effet, de nombreux développements « libres » ont été faits par des chercheurs, des enseignants ou des informaticiens sans que cela soit visible au reste de la communauté.

Enfin, la plateforme représente un formidable levier en matière d’innovation. Grâce à l’utilisation des logiciels libres, les enseignants et les chercheurs ont maintenant la chance de découvrir plus facilement l’outil qui convient le mieux à leurs domaines d’expertise et aussi de participer à son évolution.

Exemples de fiche descriptive 

Mutualiser les compétences

De très nombreux logiciels performants et stables sont disponibles actuellement. Ils sont peu coûteux, pour la plupart libres et gratuits, parfois partagés… PLUME les appelle logiciels économiques (le E de PLUME). Ils couvrent maintenant tout le spectre des applicatifs et sont parfois beaucoup plus innovants que les produits propriétaires. La communauté enseignement supérieur et recherche était pionnière dans la pratique de ces logiciels libres, ainsi que dans la contribution à leurs développements. Mais actuellement, elle perd toute cette avance. Par manque d’organisation, chaque informaticien, isolé ou dans un service informatique, ou chaque utilisateur éclairé « réinvente la roue » alors que son homologue dans une autre université ou un autre laboratoire a fait le même travail.

Initiatives au Québec

Malgré le fait que le projet PLUME semble avoir eu certains contacts avec des universités et laboratoires de recherche dans les pays francophones, dont le Québec, qu’en est-il de l’initiative locale dans le domaine des portails Web pour le milieu éducationnel? Voici une liste de quelques projets au Québec :

Comme nous pouvons le constater, les différents portails en éducation au Québec s’adressent surtout au niveau primaire et secondaire. Il ne semble pas y avoir de portail s’adressant particulièrement au niveau universitaire et à la recherche comme c’est le cas du projet PLUME. Comme nous pouvons le constater, les universités et la recherche en France ont joué un rôle important dans l’essor du logiciel libre. Le projet PLUME s’inscrit donc dans cette mouvance en permettant de mutualiser les compétences et en promouvant les logiciels libres dans les milieux universitaires et de la recherche. Les universités québécoises ne devraient-elles pas elles aussi envisager de se regrouper afin de maximiser leurs compétences ? Plutôt que d’avoir quelques petites initiatives locales, les universités et les centres de recherche ne devraient-ils pas partager leur savoir et fédérer des initiatives locales ? Est-ce que l’Université Laval pourrait jouer un rôle d’innovateur et lancer un tel projet ?

Gino Lizotte

Références: