L’amorcement d’un changement

Incontestablement, le mouvement du logiciel libre a pris de l’ampleur ces dernières années, et la problématique de son introduction dans le milieu scolaire est devenue incontournable à traiter.

Aujourd’hui, on s’accorde à dire que sa présence est presque inexistante dans ce milieu. Pourtant il est clair que ses avantages sont multiples et voici une petite liste intéressante dressée par Olivier Ricou (source ici):

  • Le refus de transformer l’école en un centre de formation à tel ou tel produit commercial
  • La possibilité d’adapter ou de faire adopter le logiciel à des besoins précis directement
  • La volonté de ne rien cacher à l’élève curieux qui veut savoir comment ça marche
  • La gratuité
  • L’opportunité d’un travail collectif au niveau de tous les enseignants sans avoir à forcer les autres à acheter les logiciels choisis.

Ces avantages s’opposent néanmoins à un adversaire de taille et bien caractéristique au genre humain: la résistance au changement. Le monopole du logiciel propriétaire a laissé des séquelles, et une des meilleures façons de combattre cette peur reste la persévérance à montrer et démontrer tout ce que les logiciels libres peuvent apporter à l’utilisateur. Et c’est également là tout l’intérêt de proposer du logiciel libre dès le plus jeune âge, l’enfant ayant grandit avec et assimilé son fonctionnement, il n’éprouvera donc pas de résistance à son utilisation. On pourrait même supposer que dans son esprit il opposera désormais une résistance au logiciel propriétaire !

Bien évidemment, l’implantation du logiciel libre en milieu scolaire comporte plusieurs niveaux qui sont à traiter différemment. On peut notamment distinguer le milieu scolaire pré-Universitaire et Universitaire (où les outils employés et les moyens déployés sont assez différents), ainsi que la volonté d’installer une distribution Linux ou simplement quelques logiciels d’application comme OpenOffice. De plus, il faut noter que le basculement d’un parc informatique est un choix qui demande beaucoup de réflexion. C’est une véritable stratégie, et à l’image de l’implantation d’un nouveau système d’information, elle demande une parfaite planification du processus, avec une implantation progressive, une sensibilisation des futurs utilisateurs, ainsi que leur formation et la mise en place d’un service d’assistance nécessaire à l’utilisation de ces nouveaux outils.

Heureusement aujourd’hui la mobilisation grandissante sur l’implantation du logiciel libre en milieu scolaire marque sans doute une prise de conscience qui ne peut que prendre de plus en plus d’ampleur. Afin d’illustrer ceci, je vous invite à lire l’article suivant (cliquer ici) qui nous parle de l’implantation de la distribution Ubuntu dans un collège en France. Cette initiative a été prise par Yves Gesnel, un professeur de mathématiques, et on peut dire qu’elle a fait l’unanimité auprès des enseignants et des élèves, image d’un véritable engouement ! Au départ il y avait seulement un poste sous Linux en salle des professeurs, puis au fil du temps l’ensemble des ordinateurs du collège sont passés en dual boot Ubuntu/Windows, et plusieurs enseignants ont même fini par l’installer sur leurs ordinateurs personnels. Je vous invite à au moins survoler le compte rendu de cette implantation en cliquant ici, en espérant qu’elle puisse servir d’exemple aux autres établissements scolaires.

Image provenant de "L’expérience GNU/Linux d’un collège", écrit par Yves Gesnel, sous licence Art libre

Image provenant de l'article "L’expérience GNU/Linux d’un collège", écrit par Yves Gesnel, sous licence Art libre, disponible ici: http://www.gesnel.fr/ubuntu/index_files/experienceUbuntuCollege.pdf

2 réponses à “L’amorcement d’un changement

  1. Bonjour,

    Votre article soutient que la résistance au changement constitue un des principaux obstacles à l’implantation des logiciels libres dans le milieu scolaire. Ceci étant dit, vous serez sans doute d’accord avec moi qu’une diminution de la résistance au changement passe par une bonne campagne de sensibilisation effectuée avant la migration mais également par un excellent support aux utilisateurs post-migration. Or, croyez-vous que le contexte actuel (et sans doute futur) de pénurie de main d’œuvre qualifiée en informatique, jumelé au fait que la main d’œuvre qualifiée en Linux est encore moins nombreuse que celle qualifié pour Windows, soit propice et favorable à la migration du milieu scolaire vers les logiciels libres?

    Cordialement.

    Vincent

    Source : http://www.directioninformatique.com/DI/client/fr/DirectionInformatique/Nouvelles.asp?id=45283

  2. En effet ta remarque est très pertinente. Il est clair que le départ à la retraite massif dans les prochaines années de la génération des baby-boomers est un problème démographique ayant des répercussions économiques dans les pays développés et en général dans tous les secteurs d’activités, même si le secteur informatique sera surement moins touché que d’autres secteurs ou en tout cas en décalé (étant donné sa main d’œuvre plus jeune).

    De mon point de vue (qui reste très hypothétique), je pense que cela ne constitue pas un réel frein au développement du libre en milieu scolaire. En effet, même si la main d’œuvre informaticienne (nécessaire à la sensibilisation, à l’implantation, et à l’aide pour l’utilisation) sera revue à la baisse, la communauté du logiciel libre est dans une phase où elle ne peut que s’agrandir dans les années à venir. Et c’est bien là une de ses principales forces, plus elle s’agrandit, plus on est susceptible d’y être sensibilisé et de recevoir de l’aide (par le biais de forums, manuels d’utilisation bien expliqués, sites des logiciels, amis qui peuvent nous aider, etc…). Et c’est d’ailleurs ce qui est le cas dans l’exemple de mon article:
    – Ce qui a permis que Ubuntu passe de un seul ordinateur en salle des professeurs à l’ensemble des ordinateurs du collège est en parti grâce à Ubuntu lui même: les gens l’ont préféré à Windows, le trouvant plus rapide, plus simple, plus esthétique, la sensibilisation s’est presque fait toute seule !
    – Si je me souviens bien (mais à vérifier) il n’y avait qu’un seul informaticien dans ce collège. Mais cela n’a pas empêché les personnes de recevoir à la fois de l’aide par les autres personnes ayant des connaissances sur tel ou tel logiciel. Il y avait également à disposition de tout le monde une documentation très complète sur l’utilisation de Ubuntu et de ses logiciels, ainsi que certains bouquins présents en bibliothèque pour ceux qui voulaient approfondir la question.

    Enfin, on peut souligner que les logiciels les plus utilisés comme Firefox ou OpenOffice sont aussi simples à utiliser que leurs équivalents propriétaires, qu’il y a toujours la possibilité de laisser les ordinateurs en dualboot si les personnes restent réticentes à Linux.

    Donc je pense que bien évidemment il y aura toujours besoin d’informaticiens pour aider cette implantation en milieu scolaire, mais que leur rôle est simplifié à la fois par l’envie de certaines distributions Linux à se rendre très accessible au public, le peu de connaissances nécessaires pour utiliser les principaux logiciels, et que la communauté toujours plus grandissante du logiciel libre se fera toujours un plaisir d’aider des personnes, qui finiront par aider les autres à leur tour, car la fraternité est une des valeurs fondamentales des logiciels libres et de ceux qui les utilisent !🙂

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