Gérez vos références bibliographiques avec des logiciels libres

Les logiciels de gestion de références bibliographiques sont des logiciels destinés à créer, gérer, trier et utiliser des listes de références bibliographiques provenant d’articles, d’ouvrages et même de sites Web. Ils sont principalement utilisés par les enseignants, les étudiants et les chercheurs. Ces logiciels utilisent normalement un système de base de données pour contenir toute l’information recueillie par l’utilisateur. Celui-ci peut ensuite faire des recherches par auteurs, dates ou mots-clés afin d’intégrer les références sélectionnées dans un document texte (Microsoft Word ou OpenOffice).

Présentation de quelques logiciels
Il existe de nombreux logiciels de gestions de références bibliographiques que ce soit dans le monde des logiciels propriétaires que dans celui des logiciels libres. Le logiciel Endnote est le plus connu et le plus utilisé. Il s’agit par contre d’un logiciel propriétaire. Heureusement, il y a plusieurs bons logiciels libres qui sont disponibles et qui sont aussi bons que celui-ci. Cet article va faire une courte présentation de quelques-uns des plus connus d’entre eux. Il s’agit de BibTex, Bibus, JabRef, Wikindx et Zotero. Voici quelques chiffres sur ces logiciels présentés dans les deux tableaux suivants.

Popularité selon Google
Nombre de résultats avec : Nom du logiciel + bibliographie

Tableau 1

Comme nous pouvons le constater, Endnote est le logiciel le plus populaire, mais BibTex n’est pas très loin derrière. La popularité de BibTex est en grande partie due à son âge, en effet celui-ci existe depuis 1985 et son format de fichier est maintenant un standard reconnu. Les quatre autres logiciels sont encore très jeunes (entre 2003 et 2006) ce qui pourrait expliquer leurs moins grandes popularités.

Engouement selon Google Trends

Tableau 2

Comme nous le démontre ce graphique, les logiciels Endnote et BibTex ont vu leur engouement diminuer au cours des dernières années au profit des nouveaux logiciels. Ceci semble plus particulièrement vrai pour Zotero qui connaît une progression constante depuis sa création en 2006. D’ailleurs, il semble bien que Zotero est ébranlé les colonnes du temple de Endnote, car l’éditeur de ce dernier a récemment lancé des poursuites judiciaires contre les auteurs de Zotero. Voir l’article du site Web de Nature à ce sujet: « Beta blockers? ».

BibTexBibTeX est un logiciel et un format de fichier conçus par Oren Patashnik et Leslie Lamport en 1985 pour LaTeX. Il s’agit donc d’un outil qui peut-être utilisé en conjonction avec les documents LaTex. Son format de fichier est un standard ouvert, donc libre et extensible, qui est d’ailleurs reconnu et utilisé par plusieurs des autres logiciels mentionnés dans cet article. Ce qui permet une interopérabilité et une pérennité de ce format. Il y a un ensemble d’outils qui ont été développés autour de Bibtex. Ce qui lui permet d’être utilisé aussi sur les plateformes Mac OS X (BibDesk), Linux (KBibTex) et Windows (Bibshare).

BibusBibus est un projet initié et développé en 2004 par Pierre Martineau. Ce logiciel permet de partager des références entre plusieurs utilisateurs et chaque utilisateur peut organiser sa propre classification de ces références. Il permet aussi de faire une organisation hiérarchique des références selon les critères de l’usager. Par contre, la gestion des références est tributaire de l’architecture du logiciel. Il est aussi possible de définir des utilisateurs en écriture ou en lecture seulement. Il est disponible en anglais et en français pour les systèmes d’exploitation Mac OS X, Linux et Windows.

JabRefJabRef est un logiciel de gestion bibliographique libre créé en 2003. Il utilise BibTeX comme format natif. JabRef fournit une interface conviviale pour éditer des fichiers BibTeX, pour importer des données à partir de bases de données scientifiques en ligne et pour gérer et effectuer des recherches sur des fichiers BibTeX. Ce logiciel a été développé en Java, ce qui lui permet d’être disponible sous Mac OS X, Linux et Windows. Il est aussi disponible en plusieurs langues, dont le français.

WikindxWikindx a été initié en 2003 et se présente comme une plate-forme bibliographique « full web », permettant à plusieurs contributeurs de gérer un nombre illimité de notices dans une logique « wiki ». C’est-à- dire que les utilisateurs peuvent ou non s’enregistrer librement sur la plate-forme pour contribuer selon le paramétrage choisi via un intranet ou Internet. Ce logiciel est disponible en anglais et en français ainsi que pour Mac OX X, Linux et Windows.

ZoteroZotero a été initié en 2006 par le « Center for History and New Media » de la « George Mason University » aux États-Unis. Zotero est une extension (plug-in) destinée au navigateur Mozilla Firefox. Ce qui lui permet de pouvoir être utilisé sur les différentes plateformes Mac OS X, Linux et Windows. Intégrée au navigateur, cette extension repose sur un système de « translators » qui permettent d’extraire les données des pages consultées. Ces « translators » sont surtout disponibles pour des catalogues de bibliothèque, mais on en trouve aussi pour des sites Web comme Wikipedia, Amazon, Nature (www.zotero.org/translators). Pour les ressources en ligne, il est aussi possible de sauvegarder une copie locale du fichier, pour ensuite pouvoir l’annoter. Les références bibliographiques sont présentées dans une arborescence qui permet le classement dans des « collections ».

Projets PLUME et ENVOL
Le projet PLUME fournit d’ailleurs des fiches de références sur chacun de ces logiciels (Zoom sur la gestion de références bibliographiques dans PLUME). Le projet PLUME a également présenté une journée dédiée aux logiciels libres de Gestion de références bibliographiques le 20 mars 2009 à Lyon (Journée PLUME). Vous retrouverez sur cette page, plusieurs présentations, sous forme de vidéo, sur chacun des cinq logiciels mentionnés dans cet article. Il y a aussi le projet ECLORE (Évaluation et comparaison de logiciels de gestion de références bibliographiques) qui s’est donné comme mandat d’évaluer et de comparer une vingtaine de logiciels de gestion de références bibliographiques.

*  Pour plus d’information au sujet de projet PLUME, je vous invite à lire mon précédent article traitant de ce projet et disponible sur ce blogue.

Logiciels proposés par l’Université Laval
Malheureusement, Endnote est le seul logiciel proposé par la bibliothèque de l’Université Laval pour faire la gestion de références bibliographiques (Endnote à la bibliothèque). Ceci s’explique probablement par le fait que la bibliothèque de l’Université Laval est négocié une entente institutionnelle avec la compagnie Thomson Research Soft, éditrice du logiciel Endnote, et doit donc revendre le logiciel au coût de 60$ l’unité afin de partager les frais annuels de cette entente (Entente pour Endnote). Ce serait peut-être une des raisons qui explique pourquoi la bibliothèque ne propose pas d’autres logiciels et encore moins des logiciels libres. Il aurait peut-être été plus simple d’offrir une liste de logiciels, libres et payants, et laissé les usagers choisir l’outil qu’ils aimeraient utiliser.

Gino Lizotte

2 réponses à “Gérez vos références bibliographiques avec des logiciels libres

  1. Il est vrai que l’Europe est plus ouverte, mais il arrive parfois qu’elle commette des impairs, comme la loi HADOPI que veut faire adoptée la France et qui va à l’encontre du logiciel libre. Selon le mouvement April, la loi HADOPI va instaurer une nouvelle insécurité juridique discriminante pour les entreprises du logiciel libre en France. La définition des « moyens de sécurisation » et leur « labellisation » par l’HADOPI, ainsi que leur absence d’interopérabilité, ne laissent entrevoir qu’une aggravation de la discrimination instaurée par la loi DADVSI. Elle constate que ce rapport clarifie l’interprétation du projet de loi HADOPI en énonçant clairement qu’une des finalités est d’imposer des logiciels propriétaires de filtrage sur le poste client. Ce qui avait pu être évité dans la loi DADVSI revient donc au travers du projet HADOPI. Selon Bernard Maris, cette loi signifie la mort du logiciel libre : « Enfin cette loi est une menace pour le logiciel libre… Oui, parce qu’il faudra bien mettre des policiers derrière chaque ordinateur, des mouchards qui seront des logiciels propriétaires, et que le rêve des logiciels propriétaires (Microsoft, Apple) est de tuer les logiciels libres qui sont beaucoup plus efficaces et performants ; et surtout fonctionnent selon un principe qu’ils détestent qui est celui de la coopération et de la réciprocité. Or il est impossible, par définition même, de filtrer les communications d’un logiciel libre. Logiciel libre et dispositifs de contrôle d’usage et de mouchardage sont ontologiquement incompatibles. Voudrait-on tuer le logiciel libre que l’on ne s’y prendrait pas mieux. » L’HADOPI, en l’absence de contraintes administratives sur les éditeurs de solutions de sécurité pour la surveillance et le traçage, va permettre la création de standards propriétaires. Le code source n’étant pas disponible, il sera difficile de savoir exactement ce que ces logiciels font exactement. De plus, la non-publication du code source va à l’encontre de la philosophie du logiciel libre.

  2. Salut Gino, je viens d’utiliser le Mendeley Desktop logiciel. Je m’amuse en l’utiliser parce que il nous donne aussi la possibilité de faire petites remarques dans les archives PDF, 98% de tous les archives qui j’utilise!! Le probleme c’est qu’il ne pas libre, par contre il est gratuite.
    Dener.

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